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Marathon de Paris: 42,195 et des bananes

10 avril 2016
42km195

Marathon de Paris

42,195 et des bananes

Chérie, je t’ai inscrite au Marathon de Paris ! 42km195 !
Non, ce n’est pas une blague. Mon mari m’a annoncé ça, il y a quelques mois.
Tu fais 10km, tu peux en faire 15. Tu en fais 15, tu peux faire 21, tu fais…ok, il parait que je pouvais faire un marathon !
J’ai commencé mon entrainement début décembre à raison de 3 sorties par semaine (dont 1 fractionné et 1 sortie longue).
Je ne vous cache pas, qu’il était assez difficile pour moi de m’entrainer car je n’aime pas courir quand il pleut, quand il fait froid, quand il y a du vent, quand il fait trop chaud, bref, une vraie casse-pied et en plus râleuse. Pour moi, courir doit être avant tout un plaisir.

La préparation

Je prends donc mon mal en patience et me voici démarrer un programme sur mon apps préférée (NikePlus). Attention, pas toujours très fiable, car lors d’un entrainement de marathon, on vous déconseille de faire de longues courses la semaine de votre épreuve. Si j’avais du écouter l’Apps, j’aurais du courir au moins 82 km la semaine du marathon ! J’ai donc « jonglé » avec le programme que proposait le site de Schneider Electric Paris Marathon et l’Apps.

L’assiduité 

J’avoue, je n’ai pas toujours été une très bonne élève…J’ai raté quelques séances (voyages, maladie mais aussi flemme). Je me suis souvent demandée si vraiment j’allais pouvoir faire cette épreuve.
La semaine après ma dernière sortie longue (semi de Libourne à 15 jours du marathon), impossible de courir la semaine suivante, une fatigue intense m’a envahit, mes jambes pesaient une tonne. Deux sorties cette semaine là, 8km et 6km…
Non, je n’y arriverai jamais.

Les J-

Dernière semaine, je prépare mon matériel. Ceinture, pansements pour les pieds, Baume du Tigre, le pack marathon, playlist musique, mon beau t-shirt CDN, bref, la totale.
La pression commence un peu à monter. Je dors moins bien. Moi ? Inquiète ? Pas du tout !

J-3. Les billet de train sont achetés. L’hôtel réservé. Je suis prête.
J’ouvre mon pack marathon, et me prépare ma boisson Malto de Overstim pour augmentez mes réserves énergétiques et qui va me suivre jusqu’au samedi.

J-1. Je n’ai pas dormi de la nuit. Le réveil affichait 3h00 et je me levais à 4h15 pour me préparer, partir pour la gare d’Angoulême (1h de voiture), qui m’emmènera à celle de Paris Momparnasse.
Impossible de m’endormir dans le train. Je stresse !! Le marathon, c’est demain !!

Le Salon du Running

Arrivés vers 9h00, nous filons (mari et Ado) vers le Salon du Running retirer nos dossards. Au passage, j’achète des lacets (que je n’ai même pas utilisé) et des écouteurs bluetooth AfterShokz dont je ne regrette pas l’achat car très pratique, donc aucun regret. Nous achetons le livre de Pascal Silvestre, discutons avec lui. Pour info, il a fait plus de 50 marathons, 54, précisément ! Quelle volonté ! Il donne quelques conseils et quelques heures plus tard, nous voici à l’hôtel.
Notre « pasta party » se passe chez nos amis, un grand plaisir de les revoir, malheureusement, impossible de veiller tard, nous n’avons pas la permission de minuit. 22h30 nous prenons congé, pour nous diriger à hôtel Du Rond Point des Champs Elysées.

42km195

Pascal Silvestre « Marathon »

C’est l’heure

Jour J. Réveil 8h00. Départ 9h00 pour mon mari, 10h15 pour moi.
D’abord, nous nous préparons calmement pour ne rien oublier. Ensuite, nous « dégustons » notre gatosport (gloups), nous tartinons de Baume du tigre, enrubannons nos orteils pour les protéger un maximum (bof, bof), enfilons notre tenue, nous sommes prêts !
Mon mari part devant car il doit s’engouffre dans le sas des 3h30. Je pars donc dans celui des 4h30 ma bouteille de Boisson d’Attente (Stabilise la glycémie et prévenez les hypoglycémies réactionnelles dues au stress) à la main.
1h15 d’attente, je ne suis pas seule, nous sommes serrés comme dans une boite de sardines.
Ne pas oublier la pause « soulagement » avant le départ, X2 pour moi, merci la Boisson d’Attente !

4,3,2,1 GOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

« Surtout, ne cours pas vite, reste tranquille, car tu as 42,195km à parcourir ! » Gloups…Je commence à réaliser.
« Non, tu n’es pas partie pour un 10km, ni un 15 ou semi, mais bien un 42, 195 KM »
Le soleil est là, que du bonheur. La veille, un temps de chien !
Je suis sereine, calme, tranquille, à l’aise.
5km: 1er ravitaillement, je me prends une bouteille, avale un gel énergétique (1 tous les 5km). Tout se passe bien.
10km: 2ème ravitaillement, je prends une bouteille, avale un gel énergétique (OK ! OK !) Tout se passe bien.
RAS toujours au top, pas de douleurs, une bonne ambiance. Je garde la cadence de 6’30/6’20 au km JE NE DOIS PAS COURIR VITE.

Le cap des 20

20km: impeccable ! Je retrouve mes supporters de chocs, cela me motive, je suis contente, je repars.
RAS, jusqu’au 25km.
25km: les orteils de mon pied droit commencent à me faire mal… :/ Aie, aie, aie ! Pas facile. J’essaie de les bouger de temps en temps. J’en profite comme aux autres ravitaillements, de m’arrêter pour boire, j’ai peur de repartir et de sentir la douleur.
29km: mes orteils me brulent. J’ai envie de m’arrêter, d’enlever ma chaussure et regarder ce qui ce passe. C’est quoi le problème !!
Je retrouve mes supporters de chocs. Un gros coup de fouet, je repars avec « la patate », ça fait du bien, j’oublie mes douleurs.

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Oh le mur

30km: oh ! le mur ! Enorme ! Il est bien là ! Même pas peur (aie, j’ai mal), je continue, ne pas y penser (aieeeee , j’ai « maleeeeee »). NikePlus m’annonce: il vous reste 12 km à parcourir. Trop facile !!! Je sais faire !! J’ai la flemme de fouiller dans ma pochette arrière, mon gel énergétique des 30km…tans pis, je prends un morceau de banane.
A partir de là, adieu les 6’20. Je suis plus dans les 6’50/7’00 au km. « Le but est d’arriver au bout. Ne pense pas à ton chrono, on s’en fout ! » Merci Pascal Silvestre, de toute façon, je n’aurais pas pu courir plus vite. Je n’ai rien changé jusqu’au 38km. 7’03/8’00 du sur place 😀 !
38km: Je n’en peux plus. Les douleurs sont horribles. J’en pleurs… car le pied tout entier me brule. Alors, je dois tenir bon, restent 4km, ce n’est rien 4km. Alors, beaucoup de coureurs sont déjà arrêtés sur le bord de la route. En pleurs car ils n’arriveront plus au bout, d’autres se font pousser par les cris des supporters, certains marchent comme des robots. Beaucoup se sont arrêtés pour marcher. La douleurs est terrible, aussi, je ne sens plus mon pied, je dois m’arrêter !

Ca commence à sentir bon

40km: Et si je m’arrêtais ? Et si je ne pouvais plus repartir ? Je prends le risque, je m’arrête !
Je marche, je boite, je marche, je boite…
NON MAIS TU FAIS QUOI LA ???!!! Bientôt 1km que tu marches, BOUGEEEEEEEEEEE !!!!, COURS !!!!!
Je respire un bon coup, et repars comme je peux, c’est à dire pas en forme.

Là, sur la photo ?! 40km, je suis arrêtée…je marche…je ne suis pas seule d’ailleurs à lever le pousse.

42km195

 

41km: Je continue à courir, j’entends les personnes hurler que c’est bientôt la fin du coup, ‘il faut tenir bon. Quelques mètres plus loin, je lève la tête, le bonheur devant moi. Mon mari ! Il est là, cours à ma rencontre. Je pleurs…Mais comment fait-il ? Il a courut 3h31 comme si cela ne lui suffisait pas, il recommence.
« Je suis fier de toi, ma chérie, je suis fier !’, « Je t’aime ma chérie ». ‘Tu as bientôt terminée, après le rond point, c’est la fin ! « Tiens bon », « Les enfants sont plus haut, ils t’attendent ».
En effet, à quelques mètres de l’arrivée, ils sont là à hurler mon prénom.
42km: L’ainée est là. Je pleurs à nouveau. Elle me prend la main. Ensemble nous allons franchir la ligne d’arrivée ! On se jette dans les bras l’une de l’autre. « Tu as réussi », « Tu l’as fait », « Je suis fière de toi Maman ».

42km195: je suis marathonienne !!!

42km195

 

Alors, c’est comment

INCROYABLE cette sensation. On pleure de bonheur mais aussi d’épuisement.
Un marathon est une épreuve physique mais aussi mentale. Lorsque la douleur est présente, on n’a qu’une envie, celle d’arrêter. Je me suis demandée souvent pourquoi je faisais cette course ?! Parce qu’on m’a dit « tu peux le faire » certainement. Qu’avais-je à prouver ? Que j’en étais capable, sans doute. Quel était mon objectif ? Le terminer et me dire que j’avais été plus loin qu’un semi.
Résultat ? J’ai adoré ! A J+5, je n’ai pas oublié les douleurs aux pieds, mais je garderai cette image de l’arrivée. Quelle satisfaction, quel bonheur !

Pour le prochain marathon, ce que je retiens :

1- Faire un bon entrainement. Ne pas le faire à la légère. Bien respecter les 3-4 sorties/semaine même s’il pleut, ne pas oublier le fractionné, même si ce n’est pas agréable, cela permet de d’améliorer ses capacités physiologiques (cardiaques, musculaires) et travailler sa technique de course (amélioration de la foulée).
2- Ecouter son corps à la moindre douleur. Dans mon cas, après avoir trouvé LA paire de running idéale (ALTRA), même si elle ne protège pas mes orteils pendant la course, en revanche, pas de douleurs aux chevilles, genoux ou tous autres articulations. Faire une pause, voir son médecin, son podologue.
3- Une bonne alimentation. La veille de chaque course manger des pâtes ou du riz. Les pâtes sont riches en glucides d’assimilation lente. Ces sucres sont dits lents car leur destruction intestinale et leur absorption sont retardées. Manger des pâtes, du pain, du riz et des pommes de terre est important lorsqu’on pratique le running. Et surtout en manger deux à trois jours avant un marathon.
4- Bien choisir sa tenue, celle que vous aurez testé et approuvé car beaucoup mieux pour se sentir à l’aise. Ne pas partir avec des chaussettes neuves ou brassière un peu vieille qui va frotter et vous faire des irritations.
5- Pour la préparation le pack Marathon Overstim, très pratique ! Le Malto à boire les 3 jours avant le marathon (gout Citron, et frais, c’est pas mal), le Gatosport à « déguster » au petit déjeuner du J-J, la boisson d’Attente 1h avant le départ et les gels liquides, je ne sais pas si c’est vraiment ça qui m’a permis de tenir, mais ça reste pratique et pas trop encombrant.
6- Le baume du tigre ! JE GARDE !! La peur d’avoir mal, j’en ai badigeonné mes articulations et mes mollets.
7- NE PAS STRESSER, BIEN DORMIR la veille de la course et surtout NE PAS VOUS PRENDRE LA TETE ! Laisser le chrono de coté, courrez tranquillement, ne pas vous épuiser, car c’est votre 1er Marathon !
8- TROUVER UNE SOLUTION POUR MES ORTEILS !!!!

A savoir :

N’ayant pas de référence, j’ai trouvé que le marathon de Paris était hyper bien organisé.
En ce qui concerne les ravitaillements, ils sont placés tous les 5km. Bref, il y a de tout, bouteilles d’eau, bananes, fruits secs, pâtes de fruit, gels liquides, quartiers d’orange.
Important : arrêtez vous aux ravitaillements. Prenez le temps de boire tranquillement.
Pour la reprise de la course, ATTENTION, s’il y avait des poubelles pour les bouteilles, il n’y en avait pas pour les peaux de bananes ! Alors, ça glisse !!!
J’avais également pris une ceinture pour y ranger mes gels et aussi 2 gourdes.
Je pense m’alléger la prochaine fois, et ne pas prendre ces gourdes vu que les coureurs ont à dispo, des bouteilles sur le parcours.
Egalement, une ceinture scrach pas cool, pour le t-shirt…ça abime.

Et mes pieds

Pour ce qui est des douleurs, seuls mes pieds ou plutôt mes orteils droits (j’insiste), ont soufferts.
J’ai trouvé chez Epitact Sport, des protection pour les pieds à tester !
Aucune douleurs musculaires ou d’articulations. Je pense que le choix de mes chaussures y est pour beaucoup. Je souffrais de périostite avec mes Asics Gel Nimbus. On m’avait conseillé les Altra Zéro Drop. En quelques courses, plus rien plus aucune douleurs. Depuis, j’en suis à ma 2eme paire. Je pense tester les Hoka qui sont basées sur le même principe mais avec une forme plus profilée au bout de la chaussure.

La suite

Il parait qu’un marathon = 42km = 42 jours de repos. Et si je vous disais que j’ai hâte que mes pieds aillent mieux pour me remettre à courir, vous en pensez quoi ? 😀

Bref, « mon petit » debrief est terminé. Je ne sais pas si cela vous a donné l’envie de tenter l’expérience ou pas du tout, en tout cas, j’espère que vous avez apprécié la lecture.

En tout cas, je suis fière de mes 42km195 😉

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Les 3h30 sont prêts

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J’attends le départ

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Bravo mon chéri qui a terminé en 3:31 à son 9ème Marathon 😉

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1 Comment

  • Répondre miss.radis 13 avril 2016 at 19 h 51 min

    miss.radis dit :
    « Je suis sous le charme et épattée de ton exploit car être marathonniène n’est pas facile et ce n’est pas tes pieds qui vont me dire le contraire.
    C’est un dépassement de soi-même mais je suis sûre que tu ne vas pas t’arrêter à cette aventure.
    Bravo pour ton acharnement, tu as réussi.
    Gros bisous »

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